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Cette théière arrête le regard. Pas l’éclat du rouge de fer, ni même la finesse de l’or. C’est la scène elle-même, peinte à la main avec une précision et une sensibilité qui ne s’inventent pas. Trois geishas cheminent dans un paysage hivernal, entre prunier en fleurs et pins enneigés, dans cette atmosphère suspendue propre aux estampes japonaises de l’ère Meiji.
La porcelaine est fine, presque translucide sous la lumière. Le bec verseur en feuille de fougère, l’anse angulaire aux arêtes vives, le couvercle à bouton rouge verni, tout concourt à une silhouette d’une élégance sobre. L’émail rouge de fer, appelé aka-e, encadre la scène et rehausse les rehauts d’or avec une maîtrise caractéristique des ateliers Kutani de la fin du XIXe siècle. Hauteur environ 13 cm.
Sous la base, la signature du peintre en deux kanji japonais atteste du caractère artisanal et nominatif de la pièce. L’intérieur est muni d’un filtre en porcelaine intégré, témoin d’un objet conçu pour être utilisé autant qu’admiré.
Quelques légères traces d’usage à l’intérieur, conformes à l’âge de la pièce. Extérieur en très bel état, décor intact, sans éclat ni fêle constatés. Posée sur un guéridon, une étagère ou dans une vitrine, elle impose sa présence avec la discrétion des belles choses.