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Phryné était la plus célèbre courtisane de la Grèce antique, modèle de Praxitèle et de plusieurs peintres de l'Antiquité. Son procès, au IVe siècle avant notre ère, s'est conclu par un geste resté dans l'histoire : son défenseur l'aurait dénudée devant les juges, qui l'auraient acquittée face à tant de beauté. Ce récit a nourri l'imaginaire des sculpteurs académiques français tout au long du XIXe siècle.
Ce bronze reprend une composition classique du genre : nu féminin debout, bras gauche levé ramenant la main à la nuque dans un geste à la fois pudique et souverain, tête légèrement inclinée vers l'avant, drapé tombant à la hanche droite en plis amples et précis. La silhouette est élancée, la modélisation anatomique soignée, le visage expressif malgré la petitesse de l'échelle. Le titre PHRYNÉ est gravé en lettres capitales sur le pourtour du socle circulaire.
La fonte est creuse, technique professionnelle des fonderies françaises de la Belle Époque. Le poids, 12 kg pour 60 cm de hauteur, confirme l'épaisseur et la qualité du métal. La patine est dorée, chaude, avec des zones plus sombres dans les creux du drapé et des cheveux, patine d'époque non retouchée qui témoigne d'une conservation soignée.
Aucune signature n'est apparente sur la pièce. L'attribution reste ouverte, dans le cercle des fonderies académiques françaises actives entre 1880 et 1910, qui produisaient ce type d'édition pour une clientèle bourgeoise exigeante.
Posée sur une console en marbre ou un socle en bois sombre, cette Phryné occupe l'espace avec une autorité tranquille. Elle appartient à une tradition sculpturale française qui a su faire de la beauté antique un objet de contemplation quotidienne.