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Certaines marques appartiennent tellement à notre quotidien qu'elles finissent par raconter un morceau de notre propre histoire. Lustucru est de celles-là. Le damier bleu, les pâtes aux œufs frais, les coquillettes du mercredi et les assiettes fumantes posées sur la table familiale ont accompagné plusieurs générations d'enfants français.
L'histoire commence à Grenoble dans les années 1870 avec la famille Cartier-Millon. En 1911 naît véritablement l'identité Lustucru. À l'occasion d'un concours destiné à renouveler l'image de la maison, apparaît le célèbre damier bleu qui deviendra indissociable de la marque. Le nom Lustucru, emprunté à l'imaginaire populaire et à l'ancienne comptine de la Mère Michel, achève de construire une identité que plus d'un siècle n'a finalement guère effacée.
Ces quatre grandes assiettes constituent un joli témoignage de cette histoire populaire française. Réalisées en porcelaine de Limoges, elles portent au revers la mention « Création Lustucru » ainsi que l'indication d'un tirage limité à 22 200 exemplaires.
Le décor est particulièrement réjouissant. Tout autour de l'aile court une véritable petite fresque de la France rurale. Champs de blé, moissons, moulin, paysans au travail, charrettes, poules et oies composent un paysage animé dans les jaunes, les bleus, les verts et les orangés, bordé naturellement par l'incontournable damier bleu. Au bas de chaque assiette prend place le cartouche « Les Pâtes aux Œufs Frais Lustucru depuis 1911 ».
Derrière l'objet publicitaire se cache surtout une formidable petite machine à souvenirs. Lustucru, ce sont évidemment les coquillettes, celles que l'on mangeait enfant avec du beurre, du jambon ou une montagne de fromage râpé. Un plat sans prétention devenu presque une madeleine de Proust à la française, capable de ramener en quelques secondes aux cuisines familiales et aux repas du mercredi.
Avec leurs quelque 26 cm de diamètre, ces assiettes ont de belles proportions et restent parfaitement utilisables. Elles peuvent naturellement reprendre place à table, mais leur graphisme en fait également de très beaux objets décoratifs pour une cuisine, où l'ensemble des quatre prend tout son sens.
Les quatre exemplaires sont conservés dans un très bel état général, avec seulement les discrètes traces du temps et d'usage visibles sur les photographies.