Vase opaline émaillée polychrome col festonné rose et or vue de face

Vase en opaline émaillée polychrome col festonné rose et or – Époque Napoléon III

€125,00 EUR
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Vase opaline émaillée polychrome col festonné rose et or vue de face

Vase en opaline émaillée polychrome col festonné rose et or – Époque Napoléon III

€125,00 EUR

Il est de ces objets qui semblent avoir conservé quelque chose des maisons qu'ils ont traversées.

Ce vase en opaline nous ramène dans la seconde moitié du XIXe siècle, au temps des intérieurs Napoléon III, lorsque les arts décoratifs faisaient entrer dans les salons une profusion de couleurs, de matières précieuses et de formes inspirées par la nature.

Son corps élancé est réalisé dans une belle opaline blanche, douce et lumineuse, sur laquelle se déploie un étonnant décor polychrome.

De grandes feuilles aux tonalités violettes et mauves s'élancent depuis la base, soulignées de fins rehauts dorés. Entre elles apparaissent de longues tiges vertes portant des fleurs en ombelles jaunes et brunes, auxquelles répondent quelques touches de bleu et de vert.

La nature n'est pas ici reproduite avec la rigueur d'un herbier. Elle est interprétée, transformée, presque rêvée, comme aimaient à le faire les décorateurs du XIXe siècle.

Mais toute la personnalité de cette pièce se révèle dans son extraordinaire col.

Le verre s'y ouvre en une large corolle profondément festonnée, travaillée en vagues et en plis successifs. L'intérieur se pare d'un rose soutenu, presque gourmand, tandis que l'extrémité des ondulations devient translucide et prend une délicate teinte jaune ambré.

La lumière traverse alors le verre différemment à chaque mouvement du regard.

L'opaline reste douce et laiteuse, le rose devient éclatant et les bordures ambrées accrochent la lumière comme un filet d'or.

Cette construction très théâtrale appartient pleinement au goût de la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque les verriers ne cherchaient plus seulement à créer un contenant, mais un véritable objet d'apparat.

Un détail sous la base ajoute d'ailleurs une petite énigme à son histoire. On y observe les traces d'une ancienne fixation, laissant penser que le vase a été autrefois présenté sur une monture ou un socle métallique, aujourd'hui disparu. Ce type de mariage entre opaline et bronze était particulièrement apprécié au XIXe siècle. Nous conservons naturellement cette interprétation avec prudence, aucune monture n'ayant survivé avec la pièce.

L'absence de signature ne permet pas de rattacher sérieusement le vase à une manufacture particulière. Son travail, son décor émaillé, ses rehauts dorés et cette spectaculaire collerette de verre conduisent vers une production européenne de la seconde moitié du XIXe siècle, vers 1870-1900.

Avec ses 25 cm de hauteur, la pièce possède une présence remarquable sans devenir monumentale. Loin des salons chargés qui l'ont vue naître, son exubérance change complètement de caractère. Elle n'est plus simplement une opaline du XIXe siècle. Elle devient presque une sculpture de verre, une grande fleur artificielle figée depuis plus d'un siècle dans le rose, l'ambre, le violet et l'or.

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