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Le visage est calme, presque silencieux. Sainte Thérèse tient contre elle le crucifix entouré de roses qui suffit à la reconnaître entre toutes. Cette image de la jeune carmélite appartient à l'une des pages les plus singulières de l'histoire religieuse française du début du XXe siècle.
Thérèse Martin entre au Carmel de Lisieux à quinze ans et y mène une existence brève, loin du monde. Elle meurt en 1897, à seulement vingt-quatre ans. Béatifiée en 1923 puis canonisée en 1925, elle devient Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Les roses qui l'accompagnent font écho à cette « pluie de roses » qu'elle avait annoncée comme le symbole des grâces qu'elle continuerait à répandre après sa mort.
En plâtre polychrome et haute d'environ 30 cm, elle reprend l'iconographie devenue emblématique de Thérèse. L'habit brun du Carmel, le grand manteau clair, le voile sombre et, serrés contre son cœur, le crucifix et les roses.
Le temps a profondément travaillé sa peinture. Le manteau clair présente une belle craquelure ancienne et de nombreux soulèvements et écaillages de polychromie. Une restauration est à envisager pour consolider et préserver cette polychromie devenue fragile.
Mais il reste quelque chose de particulièrement touchant dans cet exemplaire. Le visage a gardé sa douceur, les mains entourent toujours les roses, et les couleurs fanées racontent près d'un siècle de présence. Restaurée avec mesure, elle retrouverait une très belle allure sans qu'il soit nécessaire d'effacer complètement ce que le temps lui a laissé.
Hauteur environ 30 cm. France, vers 1925-1940.