Poêlon aux chardons Étienne Daniel Vallauris, vue d'ensemble avec anse

Poêlon aux chardons, Étienne Daniel, Vallauris

€59,00 EUR
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Poêlon aux chardons Étienne Daniel Vallauris, vue d'ensemble avec anse

Poêlon aux chardons, Étienne Daniel, Vallauris

€59,00 EUR

Dans le formidable renouveau que connaît Vallauris après la Seconde Guerre mondiale, une génération de potiers fait de l'objet domestique un véritable terrain d'expression. Étienne Daniel appartient à cette histoire.

Céramiste aujourd'hui moins médiatisé que les grandes figures de Vallauris, son œuvre reste aussi plus difficile à documenter : les éléments biographiques publiés sont peu nombreux et une partie de sa production n'est pas signée de manière systématique. Son nom est néanmoins bien répertorié dans la documentation consacrée aux ateliers vallauriens.

Il laisse surtout derrière lui un décor devenu immédiatement reconnaissable : le chardon. Dans les années 1950 à 1970, celui-ci revient sur ses plats, assiettes, bols et poëlons, au point de constituer une véritable signature esthétique. Des pièces documentées portent les initiales D.E., tandis que d'autres sont simplement marquées « décor main » ou « Vallauris ».

Ce grand poêlon appartient pleinement à cet univers.

La terre est tournée avec générosité et laissée apparente sous le fond, où les cercles concentriques racontent encore le geste du potier. L'émail clair, presque ivoire, est animé d'un très beau moucheté brun qui lui donne cette profondeur minérale caractéristique des céramiques de Vallauris de l'après-guerre.

À l'intérieur s'épanouissent deux grands chardons stylisés. Les feuilles épineuses, profondément dessinées et cernées de brun, sont couvertes d'un vert turquoise intense. Les fleurs mêlent rose poudré, mauve et bleu-violet. Le décor ne cherche pas la précision botanique : il interprète la plante, l'agrandit et joue avec ses formes. Les émaux se concentrent dans les reliefs, varient avec la cuisson et donnent au dessin cette vibration que ne possède jamais un décor industriel.

L'extérieur répond au décor intérieur par de larges touches verticales d'émail vert, librement posées sur la surface mouchetée. Le long manche, légèrement relevé et terminé par une touche turquoise, équilibre la masse ronde du poêlon. Son extrémité percée rappelle que ces belles pièces pouvaient aussi être suspendues et participer au décor de la cuisine.

C'est précisément ce qui rend intéressante la céramique d'Étienne Daniel : elle se situe à la frontière de l'utile et du décoratif. Le poêlon conserve la mémoire d'un ustensile familier, mais le travail de la terre, les émaux et surtout ce spectaculaire chardon le transforment en objet de présence.

Environ 20 cm de diamètre pour 7 cm de hauteur, hors longueur du manche. Les proportions sont très proches d'un poêlon aux chardons Étienne Daniel documenté à 21,5 cm de diamètre et 33 cm avec sa prise.

Une très belle céramique française du XXe siècle, expressive sans être tapageuse, où l'on retrouve tout ce qui fait le charme de Vallauris : la terre, le feu, la couleur et la liberté du geste.

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