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Sarreguemines choisit avec le décor Corot d'évoquer l'univers de Jean-Baptiste Camille Corot, l'un des grands maîtres français du paysage au XIXè siècle. Peintre des sous-bois, des étangs, des chemins et des campagnes baignées d'une lumière douce, Corot impose une vision de la nature empreinte de silence et de poésie qui marquera durablement les arts décoratifs de son époque.
À la fin du XIXè siècle, cet engouement pour le paysage gagne les manufactures de faïence. La table ne se contente plus d'être fonctionnelle. Elle devient un véritable décor, où scènes champêtres, architectures lointaines, oiseaux et végétation racontent à leur tour une histoire.
Le modèle Corot de Sarreguemines s'inscrit pleinement dans cet esprit. Au centre de ce grand plat, une demeure se laisse entrevoir derrière de hauts arbres, tandis que le paysage s'éloigne doucement vers l'horizon. L'impression monochrome, dans une délicate tonalité de vieux rose, donne à la scène cette atmosphère paisible et légèrement vaporeuse qui rappelle immédiatement l'univers du peintre.
Tout autour, le décor se fait plus léger et presque bucolique. Des bouquets de roses ponctuent l'aile tandis que de petits oiseaux traversent la composition, certains portant un rameau fleuri dans leur bec. Un filet lie-de-vin accompagne le contour mouvementé du plat et vient délicatement souligner l'ensemble.
Avec ses 34 × 25 cm, la pièce possède les belles proportions des grands plats de service destinés aux tables bourgeoises. Dressée dans un vaisselier, sur une console ou parmi une collection de faïences anciennes, elle prend volontiers l'allure d'un petit tableau.
Le revers porte le marquage Sarreguemines France accompagné du nom Corot. Son émail présente un fin réseau de craquelures acquis avec le temps, tandis que le filet du pourtour porte naturellement quelques marques de son âge, visibles sur les photographies.
Un beau témoignage d'une époque où les grandes faïenceries françaises faisaient entrer sur la table bien davantage qu'un simple décor, un paysage, une atmosphère et un peu de l'imaginaire des grands peintres du XIXè siècle.