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À la charnière du XIXe et du XXe siècle, les arts décoratifs connaissent une période d’une extraordinaire richesse. Le romantisme floral hérité de l’époque victorienne rencontre les premières expressions de l’Art nouveau, mouvement qui puise son inspiration dans les courbes de la nature, la délicatesse des fleurs et l’harmonie des couleurs.
Cet ensemble de six sous-tasses en porcelaine de Limoges appartient à cette époque raffinée, entre 1890 et 1902, lorsque les grandes manufactures françaises rivalisent de créativité pour embellir les arts de la table.
La maison Jean Pouyat occupe une place importante dans cette histoire. Issue d’une famille de porcelainiers dont l’activité remonte au XIXe siècle, elle participe au rayonnement international de Limoges, alors considéré comme l’un des grands centres européens de la porcelaine. Ses créations, recherchées pour la finesse de leur fabrication et la qualité de leurs décors, séduisent une clientèle française et étrangère attachée à l’élégance des belles tables.
Ces six sous-tasses témoignent de cette sensibilité artistique propre à la Belle Époque.
Sur leur porcelaine blanche se déploient de délicates branches fleuries, aux pétales rose poudré et aux feuillages vert tendre. Les compositions végétales semblent se prolonger librement autour du bassin central, tandis qu’une fine frise vert-gris épouse les bordures chantournées, soulignées de légers reliefs.
L’ensemble possède cette douceur romantique qui caractérise les porcelaines anciennes et trouve aujourd’hui un écho particulier dans les intérieurs d’inspiration shabby chic, où les fleurs, les teintes pastel et les objets chargés d’histoire occupent une place privilégiée.
Les six pièces portent au revers les marques « J.P.L. France » et « Pouyat Limoges », attestant leur origine.
D’un diamètre d’environ 15 cm, elles présentent une belle conservation de leurs décors et de leur émail. Une seule sous-tasse possède un petit éclat sur le bord, photographié en détail. Les cinq autres ne présentent aucun éclat apparent. Le prix de l’ensemble tient compte de cette imperfection.
Plus d’un siècle après leur création, ces porcelaines conservent toute la grâce des dernières années du XIXe siècle, lorsque les manufactures françaises savaient transformer les objets les plus simples en véritables expressions des arts décoratifs.