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Avant la mécanisation des campagnes, le fauchage était une affaire de gestes, de patience et de savoir-faire. Dans les prés, le faucheur avançait avec sa faux et portait à la ceinture un compagnon indispensable. Le coffin, cet étui étroit destiné à conserver la pierre à aiguiser, souvent maintenue humide afin de pouvoir raviver régulièrement le fil de la lame sans interrompre longtemps le travail.
Celui-ci nous ramène à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, dans cette France rurale où l'outil était fait pour servir longtemps et où l'on prenait pourtant le temps d'embellir les objets les plus ordinaires.
Car ce coffin n'a rien d'un simple récipient utilitaire. Sa façade a été soigneusement travaillée d'une grande rosace sculptée, presque solaire, accompagnée de rameaux et de feuillages. Le décor court également sur les côtés, tandis que le bois conserve les irrégularités et la patine acquises au fil du temps. À l'arrière, sa longue languette permettait de le glisser à la ceinture du faucheur pour garder la pierre à portée de main.
C'est là tout l'intérêt de l'Art populaire rural. Un homme pouvait consacrer du temps à sculpter et personnaliser un objet qui, au fond, n'était destiné qu'à l'accompagner au travail. La rosace, les feuillages, les motifs géométriques racontent cette volonté ancienne de faire entrer un peu de beauté jusque dans les outils des travaux des champs.
Avec ses environ 24 cm de hauteur, sa silhouette élancée et son beau bois sculpté, il possède désormais une tout autre vie. Accroché contre un mur de pierre ou une boiserie, posé dans une bibliothèque parmi quelques objets anciens, dans une cuisine de maison de campagne ou au milieu d'un cabinet de curiosités, il devient un véritable morceau d'histoire rurale.
Un objet créé pour le travail devenu, plus d'un siècle plus tard, un objet que l'on regarde pour la beauté du geste qui l'a façonné.
Hauteur environ 24 cm. France, fin XIXe – début XXe siècle.