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Il fut un temps où les assiettes n'étaient pas simplement blanches. Elles portaient des fleurs, des couleurs, les modes de leur époque et accompagnaient durant des décennies les repas d'une même famille.
Celle-ci nous vient des faïenceries de Digoin-Sarreguemines, grande maison qui appartient à l'histoire des arts de la table français. Son nom est encore aujourd'hui intimement lié à ces vaisselles anciennes que l'on retrouvait dans les maisons de famille, sur les tables du dimanche et dans les vaisseliers où l'on conservait les beaux services.
Le modèle porte un joli nom : La Rose. Et pourtant, derrière cette rose généreuse aux nuances de vieux rouge et de bordeaux, le décor est étonnamment moderne. Les lignes se croisent, se prolongent et viennent découper l'assiette comme une composition graphique. Le gris-vert du feuillage répond aux traits géométriques tandis que le rouge profond de la fleur donne toute sa présence au décor.
Nous sommes dans cette période délicieuse des années 1930, lorsque l'Art déco entre jusque dans les objets du quotidien. Les motifs floraux hérités du siècle précédent ne disparaissent pas : ils se simplifient, deviennent plus graphiques et rencontrent les lignes nouvelles de la modernité.
C'est précisément ce qui rend La Rose si attachante aujourd'hui. Elle possède le charme d'une vaisselle de maison française et, en même temps, suffisamment de caractère pour devenir un véritable objet de décoration.
Le revers conserve son estampille LA ROSE, DIGOIN SARREGUEMINES, FRANCE. Diamètre environ 23 cm.
Elle porte quelques discrètes marques laissées par le temps et son usage, celles que l'on attend d'une vaisselle qui approche désormais du siècle d'existence. Une rose des années 1930 qui a traversé le temps sans perdre ses couleurs.